Improvisation à St Julien

D’une idée de forme de décor qu’est le faux-bois est né un décor totalement improvisé par La Compagnie.

Au final, on ne peut dire qu’il s’agisse d’ un faux bois. Ce décor contemporain, ce décor vivant tel que le promeut La Compagnie s’est tissé dans la présence de chacun, en quelques heures de vie dans les lieux pour « sentir » ce qui était juste picturalement, esthétiquement, plastiquement.  Des coeurs, orientés vers le même désir, peut advenir une création originale et cohérente.  À mesure, par une succession de gestes engendrant une succession d’écoutes visuelles, couleurs et rythmes, formes et trames émergent d’une créativité groupale, elle-même puits sans fond de l’humanité.

Et ce qui pourraient sembler des erreurs sont, en réalité, autant de pistes à suivre. Accueillir l’accident et le geste maladroit, la retouche qui vient effacer un détail gênant pour devenir majuscule de la nouvelle phrase pigmentaire sur le point de s’écrire. L’improvisation en peinture et en équipe est véritablement similaire à un orchestre de musiciens qui ferait du neuf en s’appuyant sur leurs instruments de base qu’ils maîtrisent et avec lesquels ils se permettent de jouer. L’improvisation à plusieurs ressemble à un envol du groupe, surpris dans un élan d’une grande liberté de quelque chose qui naît de nos mains sous nos yeux et qui s’impose avec naturel.

« Notre premier acte créatif ne trouve jamais son origine dans l’ordre et la forme d’une méthode. Toute création autonome commence avec une irrégularité initiale, avec l’affolement d’une initiative saturée de mystère qui échappe aux repères techniques, affectifs et conceptuels qui nous expliquent l’inconnu. C’est le moment de la vérité, du choix de notre destin artistique : rester dans la sécurité de l’ordre et de la forme ou se laisser emporter par cet éclat incompréhensible de vie » Eugenio Barba

IMGP3080